« Un hôpital “urbain” ? »
La fonction sociale de l’hôpital dans son environnement urbain
Débat introduit par : Didier Sicard, président du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé ; René Mornex, président suppléant du conseil d’administration des Hospices civils de Lyon ; Maurice Tubiana, président honoraire de l’Académie nationale de Médecine, président honoraire du Centre Antoine-Béclère.
La vocation sociale d’un hôpital est fortement sollicitée (recours aux urgences comme médecine de proximité, accueil des personnes à faibles ressources, prises en charge des détresses sociales, etc.). Par ailleurs, la qualité de la prise en charge « sociale » des patients apparaît de plus en plus comme une composante importante du soin qu’attendent les malades (organisation d’environnements agréables et stimulants, accueil des familles…).
Pour autant, cette prise en compte de l’usager dans toutes ses dimensions et non pas seulement du point de vue strictement médical, n’est que rarement achevée. L’hôpital Robert-Debré, à Paris, dont l’architecture procède de ce souci, constitue un contre-exemple remarquable mais isolé.
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L’hôpital ne peut être perçu et conçu comme un lieu « hors la Ville » et, en conséquence, au nom d’un impératif médical, fermé, confiné, comme un bastion exclusivement dédié à l’excellence thérapeutique. Il est inévitablement perméable à la ville qui l’entoure, au propre (il reçoit des flux importants de publics, pour toutes sortes de demandes) comme au figuré (il participe à la prise en charge des problématiques sociales de la ville, notamment à la prise en charge des détresses physiques et sociales). Ces dernières années, les évolutions enregistrées, notamment l’accroissement de la fréquentation des services des urgences et des consultations des hôpitaux, ont encore souligné la nécessité de cette ouverture.
Les personnels hospitaliers n’ont pas forcément conscience de ces missions ou, à tout le moins, n’y sont pas complètement préparés. En outre, la conception architecturale même de l’hôpital ne prend en compte que très secondairement et partiellement cette donnée. Quelques exemples existent, cependant, de tentatives de rapprochement entre l’hôpital et la ville comme on dirait entre le médical et le social. Elles se développent à l’intérieur de l’enceinte hospitalière (comme par exemple les visiteurs bénévoles, les compagnies théâtrales ou clownesques) ou en dehors (avec le développement des réseaux entre l’hôpital et la médecine de ville, ou les expérimentations récentes d’hospitalisation à domicile).
Ces expériences demeurent cependant isolées et le constat peut être établi d’une insuffisante préoccupation et de trop rares collaborations, tant au niveau des responsables hospitaliers qu’à celui des édiles urbaines.
Une perception plus claire de cette demande adressée à l’hôpital, dans le présent et aussi l’avenir, passe par l’analyse des déficits, tant du côté de l’hôpital, qu’au niveau de la collectivité publique. La recherche de réponses appropriées et l’identification de nouvelles actions ont constitué le thème des deuxièmes Rencontres de Villejuif. |